Les points forts de la
rencontre des 6 et 7 mars ( extraits)
www.egalitéfemmeshommes.rhonealpes.fr
LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE N'ECHAPPE PAS A LA DOMINATION MASCULINE
Il est ressorti des ateliers que les femmes sont souvent plus
nombreuses dans les assemblées participatives, dans les espaces
de débats, que dans les assemblées élues. La nature de ces espaces leur semble favorable : « il y a moins de domination et une construction qui est commune », note une participante. Ainsi, dans le cadre du budget participatif de Séville, à force de chercher la mixité, les femmes ont obtenu
plus de poids : « on a été surpris de voir que les hommes ne constituent que 30-40% des assemblées. C’est un succès » relève un des responsables.
Pour autant, qu’il s’agisse de démocratie participative ou représentative, « le poids des stéréotypes fait qu'elles doutent de leur propre légitimité et finissent souvent par déserter ces espaces ». Etant donnés leurs rôles sociaux de mères et d’épouses, les femmes sont aussi plus pénalisées que les hommes en matière de temps disponible pour s’engager dans la vie associative, professionnelle et politique (d’où l’intérêt des dispositifs expérimentaux d’aides aux femmes pour se dégager du temps).
Autre obstacle : la tendance des hommes à monopoliser la parole qu’il s’agisse de l’école ou des assemblées associatives ou participatives : « dans les classes par exemple, les garçons prennent plus systématiquement
la parole, sans lever la main, c'est déjà un premier pas vers l’affirmation de soi ; a contrario on apprend aux filles à avoir peur du conflit, tout cela conduit à la violence ». Le chercheur italien
Giovanni Allegretti qui a observé les assemblées participatives dans une ville d’Italie a remarqué que « les hommes étaient souvent dans le bla bla. Il y a une prise de pouvoir par le parler pour ne rien dire .
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FEMMES-HOMMES UN RAPPORT DIFFERENT A LA CHOSE
POLITIQUE
La Rencontre a souligné un rapport différent à la politique selon que l’on est
un homme ou une femme : « lorsqu’une femme s’engage en politique c’est souvent sur la base d’un projet ; il s’agit donc d’obtenir un pouvoir pour agir et non un pouvoir pour le pouvoir » remarquait Jeanne-Marie Grimanelli (ex-membre
du Conseil Economique et Social Rhône- Alpes) en reprenant une distinction établie entre les formes de pouvoirs dans le cadre de l'Atelier 1
« Partage des pouvoirs ». Les femmes seraient réputées pragmatiques, conciliatrices alors que leurs homologues masculins seraient davantage dans la logique de l'affrontement.
La démocratie s’enrichit aussi de la participation des femmes parce que celles-ci apportent de nouveaux sujets et points de vue.
Christine Bulot rend compte
d’un travail réalisé à Sarcelles (Val d'Oise) où des femmes ont parlé de leurs difficultés économiques et de la violence qu'elles subissent dans le cadre de groupes de parole animés par des femmes : « Les femmes ont posé des sujets nouveaux sur la table, par exemple concernant les transports publics et l'aménagement urbain ». Brigitte
Périllé (Vice-présidente du Conseil général de l’Isère) confirme : « Elles vont porter d’autres priorités par leurs rôles sociaux différents de ceux des hommes. Cela apporte de la complémentarité dans les décisions. Une fois que l’expertise de situation des femmes sera reconnue, cela les encouragera à participer ».
Pour autant, il existe un danger : celui de confier aux femmes ce qui relève de leurs rôles sociaux dans nos civilisations.
Plusieurs témoignages français indiquent que lorsque sont mises à l’ordre du jour des questions sensées concerner uniquement les femmes lors d’une réunion ou d’un conseil municipal, les collègues hommes se sentent peu concernés. Idem lors de débats participatifs : « Nous avons organisé, explique un conseiller municipal du Puy de Dôme, un débat participatif sur une thématique les temps de l'enfant. Les hommes étaient les grands absents. »
LA PARITE POLITIQUE : UN OBJECTIF QUI PEINE A S'APPLIQUER
Au sein de l'Atelier 3 auquel j'ai participé «
Responsabilité et parité politique », on a constaté que l’accès des femmes à la sphère politique reste très réduit, même si
l’on enregistre des progrès depuis que des constitutions et des lois inscrivent le principe de quotas.
Le pourcentage de femmes au sein des Parlements dans le monde est de 18%.
Les situations diffèrent selon les pays : au Venezuela, au Brésil, en Bolivie…, des quotas sollicitent les candidatures féminines mais ne garantissent pas la présence des femmes dans la sphère décisionnelle ;
la loi brésilienne quant à elle impose un quota de 30 % de candidatures féminines au sein des partis, mais les femmes ne représentent au final que 8% au Parlement ; même problème d’application et même chiffre en Bolivie, 9% en Uruguay… Alors que l’Afrique part de plus loin, le parlement de Mauritanie, qui a vécu une transition démocratique en 2005 compte 18% de femmes. Dans beaucoup d’autres pays tels le Togo, des
mouvements se battent pour que soient votées des lois instaurant une parité.
Les freins à la parité, ce sont d’abord les mentalités, les traditions, le manque d’éducation. Les représentants des pays africains notamment ont insisté sur ce dernier point. Mais gare ! Si l'éducation est nécessaire, elle véhicule aussi des stéréotypes sexués qu'on peut retrouver dans les programmes scolaires et les manuels. Il faut donc veiller au contenu de cette éducation.
Que faire pour appliquer la parité ? Il est recommandé que chaque pays poursuive la lutte à tous les échelons de pouvoir, et pour rendre les lois plus contraignantes.
En Europe, la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes initiée par le Conseil des Communes et des Régions d’Europe offre un cadre que l’on peut appliquer à tous les niveaux territoriaux.
Il convient aussi de jouer sur l’exemplarité.
Liliane Besson de l’association «
Elles aussi » expose l’initiative des « Marianne de la parité » : « Demain 8 mars nous remettrons la Marianne de la parité aux deux communes du Rhône qui ont mis en application le principe de la parité dans leurs exécutifs, suite aux élections municipales de 2008 ; nous avons remarqué que c’est dans les petites communes que la parité est la plus appliquée, alors qu’elles n’y sont pas obligées par la loi ».
de la
Rencontre.
Il est proposé que la question de l'égalité femmes hommes soit davantage prise en compte dans le cadre des programmes de coopération internationale noués par la Région Rhône-Alpes.